La COVID-19 aggrave la situation déjà peu reluisante dans l’industrie du cannabis

3 avril 2020
  • Ce que nous constatons : ce billet fait partie de la série Stikeman Elliott sur les marchés en évolution découlant de la pandémie de la COVID-19 

Au début de la pandémie de COVID-19, beaucoup d’entreprises de cannabis cotées en bourse éprouvaient déjà des problèmes de liquidités et voyaient chuter le cours de leurs actions. L’affaissement économique provoqué par la pandémie de COVID-19 rend leur situation encore plus précaire et instaure une volatilité extrême de leurs cours.

L’industrie aux prises avec de nouveaux problèmes

Face aux difficultés financières provoquées par la pandémie de COVID-19, de nombreuses entreprises de cannabis suspendent, rationalisent ou interrompent leurs activités. Elles mettent à pied du personnel, ferment des secteurs d’activité non rentables, reportent la production et suspendent des projets de construction et d’expansion. Beaucoup d’émetteurs ont également remanié leur haute direction. Les difficultés éprouvées par l’industrie et aggravées par la pandémie de COVID-19 devraient durer à court terme. L’insuffisance des infrastructures de vente au détail freine en effet la croissance. On s’attend à la poursuite des faillites dans le secteur, comme en témoigne la récente demande de protection contre les créanciers déposée par la société torontoise Pure Global Cannabis à la suite d’un ralentissement dans le secteur. Cette demande s’ajoute à celles du Groupe Wayland, d’Invictus et d’AgMedica.

Perspectives intéressantes

Les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises cependant. Les produits de la vente au détail du cannabis ont connu une augmentation constante au cours des mois qui ont précédé la COVID-19. Cette tendance devrait se poursuivre une fois que la crise actuelle de la COVID-19 sera surmontée et que le nombre de magasins de détail, particulièrement en Ontario, continuera de croître. Les émetteurs du secteur profitent par ailleurs d’un répit puisqu’ils sont réputés être des entreprises « essentielles » dans de nombreux territoires. Des rapports provisoires démontrent aussi que dans bon nombre de régions, les consommateurs maintiennent ou augmentent leur consommation malgré la distanciation sociale et les autres mesures de protection qui ont eu un impact sur les ventes au détail en général. Cependant, les incidences à moyen et long terme demeurent incertaines étant donné la hausse du chômage et la perturbation de la chaîne d’approvisionnement et de l’infrastructure de distribution. 

Malgré ces embûches, les évaluations attrayantes et les problèmes de liquidité continuent de susciter des occasions de fusions et acquisitions, en particulier pour les acheteurs stratégiques capables de tirer avantage de la déprime boursière et de la rationalisation d’actifs opérée par des émetteurs à court de liquidités.

MISE EN GARDE : Cette publication a pour but de donner des renseignements généraux sur des questions et des nouveautés d’ordre juridique à la date indiquée. Les renseignements en cause ne sont pas des avis juridiques et ne doivent pas être traités ni invoqués comme tels. Veuillez lire notre mise en garde dans son intégralité au www.stikeman.com/avis-juridique.

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